CHAPITRE 2
"Petite cuisinière, dit le chancelier, je te procurerai un poste permanent aux cuisines et t'autoriserai à t'occuper des repas de l'empereur si tu nous conduis auprès du Rossignol, il doit chanter
ce soir"
Alors ils partirent dans la forêt là ou le Rossignol avait l'habitude de chanter, la moitié des gens de la cour les suivit.. Tandis qu'ils allaient tous bon train, ils entendirent différents cris
d'animaux, puis la petite cuisinière dit : je pense que nous allons bientôt l'entendre ! A ce moment, Rossignol se mit à chanter.
C'est lui dit la petite fille. Ecoutez ! il est là ! Elle montra un petit oiseau gris qui se tenait en-haut dans les branches. Est-ce possible dit le Chancelier, "Je n'aurai jamais imaginé une
apparence aussi simple. Il aura sûrement perdu ses couleurs de se faire regarder par tant de gens"!
"Petit Rossignol, cria le petite cuisinière, notre gracieux Empereur aimerait que tu chantes devant lui", Avec grand plaisir répondit Rossignol. Il chanta et ce fut un vrai bonheur.
Mon excellent petit Rossignol dit le Chancelier, le roi souhaiterait que vous chantiez pour lui ce soir au palais, vous êtes invité et vous charmerez sa Gracieuse Majesté Impériale. "Mon chant
s'entend mieux dans la nature" dit Rossignol mais il les accompagna volontiers.
Au milieu de la grande salle ou l'Empereur était assis, on avait placé un perchoir d'or sur lequel devait se tenir le Rossignol pour chanter. Le Rossignol chanta si magnifiquement, que l'empereur
en eut les larmes aux yeux. L'Empereur fut tellement ébloui qu'il déclara que Rossignol devrait porter au cou une pantoufle d'or.
Le Rossignol l'en remercia, mais répondit qu'il avait été récompensé ; "j'ai vu les larmes dans les yeux de l'Empereur et c'est pour moi le plus grand des trésors !
A partir de là, le Rossignol dut rester à la cour, dans sa propre cage, avec, comme seule liberté, la permession de sortir et de se promener deux fois le jour et une fois la nuit. On lui assigna
douze serviteurs qui le retenaient grâce à des rubans attachés à ses pattes. Il n'y avait absolument aucun plaisir à retirer de telles excusions.
Un jour l'Empereur reçut une caisse, sur laquelle était écrit "Le Rossignol". Il cru recevoir un nouveau livre, mais en fait dans une petite boîte il découvrit une petite oeuvre d'art : un
rossignol mécanique qui imitait le vrai, mais tout serti de diamants de rubis et de saphirs. Aussitôt remonté il entonna l'un des airs que le Rossignol chantait, agitant la queue et brillant de
mille feux, autour de sa gorge était noué un petit ruban sur lequel était écrit : "Le Rossignol de l'Empereur du Japon est bien humble comparé à celui de l'Empereur de Chine". Tous s'exclamèrent
c'est magnifique !
Maintenant ils doivent chanter ensemble ! Comme ce sera plaisant, dit l'Empereur.
Et ils durent chanter en duo, mais ça n'allait pas. car tandis que le vrai Rossignol chantait à sa façon, l'automate lui chantait des valses de façon tout à fait régulière, il avait été conçu comme
cela. Alors l'automate dut chanter seul. Il procura autant de joie que le vrai, et s'avèra plus agréable à regarder car il brillait avec toutes ses pierreries !
Il chanta le même air 33 fois sans se fatiguer, puis l'Empereur pensa que ce devait être au tour du véritable Rossignol de chanter quelque chose, mais où était-il? Personne n'avait remarqué qu'il
s'était envolé par la fenêtre en direction de sa forêt.
L'oiseau mécanique dut donc continuer ses chants règlés comme du papier à musique. Un jour l'Empereur décida de présenter son chant à son peuple, le peuple était en liesse et faisaient des oh!!
Mais les pauvres pêcheurs près de la rive, ceux qui avaient déjà entendu le vrai rossignol dirent : "Il chante joliment, les mélodies sont ressemblantes, mais il lui manque quelque chose, nous ne
savons trop quoi"?
Une année entière passa, puis un jour l'Empereur fut très malade, près de la mort. Un jour, tout à coup, venant de la fenêtre, on entendit le plus merveilleux des chants : c'était le petit
rossignol, plein de vie, qui se tenait sur une branche. Ayant entendu la détresse de l'Empereur, il était venu lui chanter réconfort et espoir. Et tandis qu'il chantait, le sang se remis à circuler
dans les memebres fatigués de l'Empereur et la mort s'éloigna.
Merci, merci d'it l'Empereur tu m'as sauvé, et je veux te récompenser. Tu m'as déjà récompensé dit le Rossignol : "J'ai vu les larmes couler dans tes yeux quand j'ai chanté la première fois !"
Il chanta et l'Empereur glissa dans un doux sommeil. Quand il se reveilla il dit : "tu resteras auprès de moi, et tu chanteras seulement quand il t'en plaira, et je briserai l'automate en mille
morceaux"!
"Ne fais pas cela", dit le Rossignol il a apporté beaucoup de bien aussi longtemps qu'il a pu, conserve-le comme il est. Je ne peux pas nicher ni habiter au château, mais laisse-moi venir quand
j'en aurai l'envie.
Le soir, je viendrai m'asseoir à la fenêtre et je chanterai devant toi pour que tu puisses te réjouir et réfléchir en même temps. Je chanterai à propos du bonheur et de la misère, du bien et du
mal, de ce qui tout autour de toi te reste caché. Un petit oiseau chanteur voit loin, jusque chez le pauvre pêcheur, sur le toit du paysan, de celui qui se trouve loin de toi et de ta cour. Je
reviendrai et je chanterai pour toi, mais tu dois me faire une promesse : "tout ce que tu voudras" dit l'Empereur, je te demande de ne révèler à personne que tu as un petit oiseau qui te raconte
tout. Alors tout ira mieux !
Puis Rossignol s'envola.
Les serviteurs entrèrent pour voir leur Empereur mort; Ils étaient là, debout devant lui, étonnés.
Et lui leur dit, simplement : "Bonjour"!
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